Chaque 19 novembre, on célèbre la Journée mondiale de l’entrepreneuriat des femmes, une date qui permet de mettre en lumière non seulement les réalisations, mais aussi les inégalités persistantes auxquelles les femmes sont confrontées dans l’accès à des opportunités économiques dignes. En Amérique latine, des milliers de femmes soutiennent des initiatives productives, des réseaux communautaires et des processus d’organisation féministe qui remettent en question les modèles économiques exclusifs et exigent des transformations structurelles.
Dans le cadre du projet FAME – Féminismes, action et mobilisation pour une économie inclusive, accompagné par CARE et CONLACTRAHO en Amérique Latine Caraïbes, nous partageons deux vidéos produites par des organisations partenaires qui font partie du mécanisme de subventions. Leurs témoignages montrent comment le renforcement organisationnel, l’accès à la formation et aux ressources, et l’articulation féministe permettent de contester les discours dominants, d’exercer une influence politique et de promouvoir des alternatives économiques qui placent la vie au centre.
🎥 Vidéo 1
Cette vidéo présente les réflexions de la Coordinadora de la Mujer, une organisation de la société civile bolivienne qui dénonce les inégalités économiques auxquelles sont confrontées les femmes et revendique l’entrepreneuriat comme un outil d’autonomie, mais aussi comme un espace pour exiger des droits du travail, une protection sociale et des politiques publiques axées sur le genre.
🎥 Vidéo 2
Dans ce deuxième témoignage, Tertulia Feminista, partenaire en République dominicaine, aborde la manière dont l’entrepreneuriat permet de générer des revenus et de renforcer les liens communautaires, tout en mettant en évidence les obstacles structurels qui persistent : inégalités salariales, informalité, travail domestique non rémunéré et discrimination intersectionnelle.
À cette date, il est important de rappeler que l’entrepreneuriat féminin ne peut être idéalisé ni dissocié des conditions structurelles qui le caractérisent. Les femmes se lancent souvent dans l’entrepreneuriat parce qu’elles sont exclues du marché du travail et que l’État ne leur garantit pas suffisamment de droits. C’est pourquoi le soutien apporté par FAME et son mécanisme de subventions ne se limite pas à promouvoir des projets productifs : il vise à renforcer les capacités politiques, à promouvoir le leadership féministe et à accompagner l’action collective afin de transformer les inégalités qui poussent les femmes à entreprendre dans des conditions difficiles.
En cette Journée mondiale de l’entrepreneuriat féminin, plutôt que de célébrer, nous appelons à reconnaître le travail quotidien de ces organisations qui réclament la justice économique, des politiques publiques inclusives et des systèmes de soins permettant aux femmes d’entreprendre en se basant sur leurs droits et non sur la précarité.