25 août 2026 | Colombo, Sri Lanka
Dans le cadre de son guichet 3 axé sur le plaidoyer et le changement des politiques, le programme FAME – Féminismes : actions et mobilisations pour une économie inclusive a réuni divers acteurs au Sri Lanka afin de faire progresser l’action collective en faveur de l’autonomisation économique des femmes.
Le 25 août 2026, la Chambre des femmes entrepreneurs de Ceylan (CCWE), en collaboration avec l’université de Kelaniya, a organisé l’atelier national intitulé « Plaider pour le changement : l’autonomisation économique des femmes par l’action collective ». Cet événement a réuni des décideurs politiques, des partenaires de développement, des représentants du secteur privé, des universitaires, des organisations de la société civile et des femmes entrepreneures afin de discuter de la manière dont les données factuelles, les expériences vécues et l’action collective peuvent contribuer à créer un environnement plus inclusif et plus favorable aux femmes entrepreneures au Sri Lanka.
Dans le cadre de son travail de plaidoyer, FAME aide ses partenaires et les organisations de la société civile à renforcer leurs capacités à s’engager dans le dialogue politique et à contribuer aux changements qui favorisent l’autonomisation économique des femmes.
Intégrer les éléments concrets et les expériences vécues dans le débat politique
Cet atelier national a permis de réunir différentes perspectives : les expériences institutionnelles et politiques, les données issues de la recherche, les points de vue du secteur privé et les réalités vécues par les femmes entrepreneures, en particulier celles qui travaillent au niveau communautaire et provincial.
En accueillant les participantes, le Dr Ayanthi Gurusinghe, présidente du CCWE, a souligné que l’autonomisation économique des femmes exigeait davantage que des interventions isolées ou des programmes de formation. Elle a insisté sur l’importance de mettre les femmes entrepreneures en relation avec les sources de financement, les technologies, les marchés, les connaissances, les réseaux et les instances décisionnaires, tout en veillant à ce que la voix des femmes soit représentée dans les discussions sur les politiques nationales.
Elle a également souligné l’importance d’une action collective entre les institutions gouvernementales, les partenaires de développement, le monde universitaire, le secteur privé, les organisations de femmes et les organisations communautaires afin de créer des opportunités économiques significatives et durables pour les femmes.
Renforcer les partenariats pour un développement économique inclusif
M. Matthieu John, ambassadeur adjoint de l’ambassade de France, a souligné l’importance des partenariats pour faire progresser le développement économique inclusif et a évoqué la contribution du partenariat FAME au Sri Lanka.
Il a insisté sur l’importance de renforcer la participation des femmes à la prise de décision économique et de créer les conditions permettant aux femmes non seulement de créer des entreprises, mais aussi d’ r à bâtir des entreprises durables qui contribuent à l’emploi, à l’innovation et au développement économique.
La participation de la France et de l’AFD au programme FAME témoigne de l’importance des partenariats internationaux de développement qui soutiennent les initiatives menées au niveau local, la recherche, le plaidoyer et l’action collective en faveur de l’autonomisation économique des femmes.
Créer un écosystème favorable aux femmes entrepreneurs
Dans son discours d’ouverture, M. Yasas Hewage, président du Conseil de développement industriel (IDB), a insisté sur l’importance de créer un écosystème favorable dans lequel les femmes entrepreneurs puissent aller au-delà des micro-activités et des activités de subsistance pour se tourner vers des entreprises durables et axées sur la croissance.
Il a souligné le rôle des institutions de développement des entreprises dans l’amélioration de l’accès aux connaissances techniques, à la technologie, à l’amélioration de la productivité, aux services de développement des entreprises, au financement et aux marchés.
Il a également souligné que le soutien aux entreprises dirigées par des femmes devait être considéré non seulement comme une priorité en matière d’égalité des sexes ou de développement social, mais aussi comme une partie intégrante du développement industriel et économique plus large du Sri Lanka.
De la politique au progrès
La première table ronde, intitulée « De la politique au progrès : construire un écosystème favorable aux femmes entrepreneurs », a réuni des représentants du gouvernement, du secteur privé et de l’AFD afin d’examiner comment les politiques et les mécanismes institutionnels peuvent mieux soutenir les femmes entrepreneurs.
Cette table ronde réunissait Mme Jayanthi Hewakuruppu, directrice adjointe du développement au ministère des Affaires des femmes et de l’Enfance ; Mme Tania Polonnowita Wettimuny, directrice générale du groupe IAS Holdings (Pvt) Ltd ; Mme Niluka Weligamage, fondatrice et PDG de DAZZLE ; et Mme Juliette Van Wassenhove, spécialiste des questions de genre à l’AFD.
La discussion a mis en évidence la nécessité d’une coordination renforcée entre le gouvernement, les partenaires de développement, les institutions financières et le secteur privé, ainsi que la nécessité de veiller à ce que les politiques et les programmes se traduisent par des améliorations mesurables pour les entreprises dirigées par des femmes.
Il s’agit notamment d’une plus grande pérennité des entreprises, d’une augmentation des revenus et de la productivité, de la création d’emplois, d’un meilleur accès aux marchés et de parcours plus solides permettant aux femmes entrepreneurs de passer de micro-entreprises à des entreprises compétitives et durables.

Témoignages de terrain : les femmes, actrices du changement
La deuxième table ronde, intitulée « Témoignages de terrain : les femmes, actrices du changement par l’action collective », a permis d’intégrer les points de vue des acteurs de terrain au dialogue politique national.
Mme Kanthi Mdagammana, présidente du CPWCIC ; Mme Nilanthi Perera, présidente du DDS ; Mme Daya Dadallage, présidente du RRWO ; et Mme Ramya Kumuduni, présidente du KNDS, ont partagé les expériences de femmes entrepreneures œuvrant aux niveaux communautaire et provincial, y compris dans des zones situées en dehors des principaux centres commerciaux du Sri Lanka.
La discussion a mis en évidence l’importance d’une approche ascendante dans l’élaboration des politiques, afin de garantir que les expériences des femmes entrepreneures issues de différentes régions soient prises en compte dans la prise de décision nationale.
L’un des messages clés issus de cette discussion est que les femmes entrepreneures ne doivent pas seulement être considérées comme les bénéficiaires des politiques et des programmes, mais aussi comme des partenaires actives dans leur conception, leur mise en œuvre et leur évaluation.
Le renforcement des liens entre les organisations de base et les institutions nationales a été identifié comme une voie importante vers un changement politique plus réactif et durable.

Des éléments qui témoignent d’un changement
La professeure Sanika Sulochani Ramanayake, professeure au département de statistiques sociales et directrice par intérim du Centre d’études sur le genre de l’université de Kelaniya, a présenté les résultats d’une étude sur les obstacles et les opportunités auxquels sont confrontées les femmes entrepreneurs au Sri Lanka.
Cette étude a mis en évidence l’importance d’une approche écosystémique, dans laquelle l’accès au financement, aux compétences, à la technologie, à la formalisation, aux marchés, aux réseaux et au soutien institutionnel est abordé de manière intégrée plutôt que par le biais d’interventions isolées.
Ces résultats ont également réaffirmé l’importance d’un plaidoyer fondé sur des données probantes, garantissant que les débats politiques s’appuient à la fois sur la recherche et sur les expériences de femmes entrepreneures issues de diverses régions et de divers milieux socio-économiques.
Du dialogue à l’action collective
L’atelier s’est conclu par un appel à la poursuite de la coordination et de l’action collective entre les institutions gouvernementales, les partenaires de développement, les institutions financières, le monde universitaire, le secteur privé, les organisations de femmes et les entrepreneurs.
Plusieurs priorités se sont dégagées des discussions, notamment :
- renforcer l’accès des femmes au financement et aux marchés ;
- améliorer l’accès à la technologie, aux outils numériques et à l’accompagnement au développement des entreprises ;
- la mise en place de parcours plus solides permettant aux micro-entreprises d’accéder à une croissance durable ;
- renforcer la coordination entre les institutions et les parties prenantes ;
- élargir les opportunités pour les femmes entrepreneurs au-delà de Colombo et des autres grands centres commerciaux ; et
- veiller à ce que les femmes entrepreneurs aient davantage voix au chapitre dans les prises de décision politiques et économiques.
Pour FAME, cet atelier représente une étape importante dans le travail de plaidoyer et de changement politique mené par le programme, en rassemblant des données factuelles, des points de vue issus de la base et des acteurs institutionnels afin d’identifier des voies vers des systèmes économiques plus inclusifs.
Le CCWE et ses partenaires continueront à s’appuyer sur ce dialogue pour transformer les données factuelles et les expériences vécues en recommandations concrètes et en actions collectives de plaidoyer en faveur d’un changement politique et institutionnel.
L’atelier a réaffirmé un message central : l’autonomisation économique des femmes n’est pas seulement une question qui concerne les femmes. Elle constitue un élément essentiel du développement économique inclusif, de la croissance industrielle et de la prospérité à long terme au Sri Lanka.
